De 1883 à 2003 : 120 années de musique

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La Concordia : Sausheim n’est pas seule à avoir la sienne : c’est le nom, choisi durant les années 1880 par beaucoup de groupes alsaciens pour leur société de musique naissante. Mais c’était un nom symbolique. Dans les villages, on avait besoin de «Concorde» et le pouvoir prussien, pas si fou que cela, préférait voir les jeunes se réunir pour faire de la musique plutôt que de la politique. L’administration d’annexion avait déjà assez de mal avec les chansonniers, les pamphlétaires de tout poil comme ce colmarien qui s’appelait Hansi ou bien ce sausheimois teigneux qui avait nom Zislin, et qui cultivaient l’irrespect le plus total envers l’empereur des casques à pointe...
 
Le corps des sapeurs pompiers fut la première association créée à Sausheim, puis naquit la Concordia, aussitôt suivie par la chorale des hommes, la société de gymnastique, le cercle des oeuvres,...
 
Le premier président fut Edouard Tritsch et le second Henri Schwertz, le troisième Cosme Meyer...
 
L’Alsace redevint enfin française en 1918. La Concordia fut reconstituée en 1919, avec pour président Camille Zislin et pour directeur Benjamin Kittler. Au comité, déjà, un Seitz (Emile).
 
Le siège était au restaurant «Au cheval blanc» et à l’orée de la guerre de 39-45, la société, présidée par Xavier Soller était superbe et éclatante de jeunesse.
 
5 ans de malheur, de destructions, de tribulations, de souffrance puis, le 29 juillet 1945, la «Marseillaise» jaillit des ruines, de la désolation : Emile Seitz et Benjamin Kittler avaient regroupé 14 musiciens et retrouvé les instruments cachés. Quel bonheur !

 

 


Dès lors, la Concordia reprit des couleurs. Oscar Hassenforder en devint le président en 1947, Benjamin Kittler directeur pendant...30 ans cédant sa baguette à Georges Muller. Eugène Bentz fut élu président en 1950 et Oscar Hassenforder vice-président, puis il retrouva la présidence jusqu’en 1967, année de sa mort.
 
Des hommes de coeur, de talent, marquèrent la vie de la société comme : Jules Woelti, Henri Schneider, Alfred Brunner, Jules Ill, Aimé Kuster et tant d’autres.
 
Avec l’accession de Robert Notter à la présidence et de Paul Huber à la direction à son retour du Congo, une première école de formation fut créée : 25 enfants de 9 à 16 ans y furent formés.
 
Après l’hôtel de la poste, le cygne blanc autre café-restaurant, la Concordia eut un local à l’école maternelle puis à la mairie. Mais en 1971 elle s’installa dans les anciennes écuries de la ferme Widmer, un local que les musiciens devenus bricoleurs de talent transformèrent en une très belle salle de répétitions, avec l’aide de la mairie devenue propriétaire des locaux.
 
Ce fut le signal d’un nouveau développement et de nouveaux enthousiasmes. Mais en 1973, Paul Huber, également adjoint au maire, disparut : coup dur.
 
En 1975, Laurent Hoffarth devint président, Robert Notter président d’honneur, et Bernard Huber directeur. Une période assez débridée et joyeuse où naquirent les fameux «Obenkainer» de Sausheim, un ensemble créé au sein de la Concordia, devenu par la suite les «Mattaratzer».

 

 

Nouvelle année noire : 1980. Laurent Hoffarth disparut dans les eaux du Rhin.  Bernard Huber abandonna le poste de directeur et le président d’honneur Jean-Paul Gall démissionna.
 
En 1981, Gérard Maurer devint président et Roger Lallemand le directeur. La Concordia se remit à briller, offrit des concerts d’un style nouveau avec jeux de lumière.
 
A la même époque se créé le Centre d’Education Musicale de Sausheim chargé de la formation de tous les jeunes et futurs musiciens.
 
Le conseil municipal ouvrit ses aides directes à la Concordia en finançant une nouvelle contrebasse puis, chaque année, un nouvel instrument important.
 
En 1989, Roland Teilmann est élu président et Bernard Huber démarre une nouvelle école de musique, propre à la Concordia, celle qui existe toujours, aujourd’hui dirigée avec passion par Jeannine Spenlé.
 
Cette année 1990 sera marquée par un évènement dont l’importance ne saute pas tout de suite aux yeux, mais qui se révélera majeur pour la Concordia : Roger Lallemand passe la main à un petit homme pétulant, Lucien Mellardi.
 
En 1991, après le départ du président Teilmann, Jean-Claude Lienhart assure l’intérim puis devient président.

 

 

Les années qui suivirent furent, malgré de vives dissensions internes, fortes pour la Concordia : 1er concert de Noël à l’église, nouvelles tenues, première présentation en 1992 d’un ensemble de jeunes de l’école de musique, premier week-end musical, première présentation de jeunes candidats aux examens fédéraux... Et la mairie met à la disposition de la Concordia un nouveau local, plus vaste dans l’enceinte Dollfus-Noack, l’ancienne cantine. Que d’heures de travail bénévole consenties dans la bonne humeur !
 
Jeannine Spenlé devient secrétaire de l’Union Départementale des Sociétés de Musique du Haut-Rhin et Jean-Jacques Weber, député et maire de Sausheim, président de la Fédération des Sociétés de Musique d’Alsace (FSMA).
 
En 1993, la Concordia fête avec éclat son 110ème anniversaire.
 
Entre-temps, Jean-Marc Staebel modifie le podium qu’il avait réalisé afin de l’adapter aux besoins et à l’évolution de la Concordia tant pour les concerts à l’église qu’au Cosec.
 

En 1994, nouveau séisme : Jean-Claude Lienhart président, Roger Lallemand et Louis Urrich vice-présidents, Michèle Lallemand secrétaire démissionnent. Maurice Seitz prend la relève élu à l’unanimité et donne des impulsions nouvelles, aidé par municipalité. Et pour la première fois, le concert de gala, rehaussé par une projection de diapositives à lieu au complexe sportif, dans une salle débordante de monde ! Bernard Huber et son école de musique ont fait le plein : 50 élèves !
 

En 1996, la Concordia participe au Concours International à Strasbourg organisé par la FSMA et obtient un 1er prix en 2ème division !
 
Le travail de Lucien Mellardi commençait à payer.
 
En 1996, Jeannine Spenlé prend en charge la direction de l’école de musique et enregistre 23 nouvelles inscriptions.

En 1998, l’école de musique de la Concordia relève un grand défi : Jeannine Spenlé, Lucien Mellardi, Jean-Rémy Spenlé et Nadia Mellardi mobilisent toute la jeunesse pour monter un opéra pour enfants qui connut un très grand succès !
 
Le 115ème anniversaire de la Concordia connut une succession d’évènements musicaux avec l’opéra pour enfants mais aussi pour la bonne fin, 600 personnes dans une église Saint-Laurent comble pour le concert de Noël !

 

 

 

En 1999, l’école de musique compte 64 élèves. 40 iront aux examens fédéraux du groupement, 3 aux examens départementaux et 2 aux examens régionaux (Justine Anheim et Jean-Christophe Spenlé).
 
Dire l’activité foisonnante de cette période serait presque impossible : la Concordia fait merveille en Italie, en Allemagne, à Cusset, en Suisse, l’école de musique enregistre elle, un CD, réalise un conte musical «Le petit tailleur» joué aussi à Megève, puis c’est «La truite aux amandes» avec les élèves des groupes scolaires de Sausheim. La première colonie musicale voit le jour et conduit une trentaine de participants à Vieux-Boucau dans les Landes pour quatorze jours de vacances musicales.
 
Entre temps, Jeannine Spenlé a satisfait à la formation de direction d’orchestre d’harmonie, prépare son BAFD et Lucien Mellardi passe sa baguette au début de 2002 à Jean-Christophe Spenlé qui a suivi de sérieuses études musicales à la Musikhochschule de Bâle.
 
Sa première sortie avec Concordia frise le triomphe : à Thonon-les-Bains, en effet, notre harmonie accède en 1ère division et est major de sa promotion. Du jamais vu !
 
C'est en juin 2006, que la Concordia se présente au Concours National de Mâcon, accompagnée par M. le Maire Daniel BUX, où elle passera en Division Supérieure, avec un premier prix ascendant.
 
50 musiciens, 71 élèves, 9 instructeurs diplômés, la Concordia aborde sa 120ème année avec enthousiasme et foi, fière de sa mission d’animation de notre village et de sa vocation d’éducation populaire.
 
La musique est un art : elle ouvre le coeur et l’esprit ; la musique est un sport : elle développe l’intelligence et la finesse d’esprit ; la musique est une joie : celle de découvrir ensemble ce qui s’appelle la concorde, tout simplement ! Vive la Concordia.
 
 
 
Un grand merci à notre président d’honneur Jean-Jacques Weber qui, avec ses talents d’historien et de journaliste, a résumé pour nous et pour vous, de façon fort intéressante, nos 120 années d’existence.